La légende du colibri

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Plutôt que d’espérer passivement, COP après COP,
que les actions politiques finissent par être à la hauteur de l’urgence climatique,
pourquoi ne pas sensibiliser nos enfants à la nécessité d’agir, chacun, à notre échelle ?
En transmettant le respect de l’environnement aux enfants,
en leur montrant l’exemple et en faisant chacun « notre part »,
nous contribuons à préserver ce qui peut encore l’être.

 

C’est le thème de ce joli livre pour enfants de Denis Kormann. Il raconte une forêt amazonienne où les animaux vivent dans une nature luxuriante jusqu’au jour où un orage éclate et déclenche un incendie. Face aux flammes qui se propagent à grande vitesse, tous les animaux, du plus puissant au plus petit, fuient et se réfugient au bord de l’eau. Ils observent alors, impuissants, leur monde partir en fumée.

Au milieu de ce chaos, un petit animal auquel personne n’accorde habituellement d’importance, décide de ne pas se résigner : il s’agit du colibri, un petit oiseau au long bec très fin, habitué à butiner le nectar des fleurs. Plutôt que de contempler, impuissant, le spectacle de désolation qui se tient sous ses yeux, il s’efforce de faire des allers-retours entre la rivière et l’incendie, prenant, à chaque trajet, quelques gouttes d’eau dans son bec pour le déverser sur les flammes. Et lorsqu’on lui fait remarquer qu’il est inutile de s’agiter autant, qu’il s’épuise pour rien puisque ses quelques gouttes n’empêcheront pas le feu de se propager, il répond simplement : « Je sais bien que je n’y arriverai pas tout seul, mais je fais ma part. »

En conservant intacte sa motivation, en montrant l’exemple aux autres animaux, il éveille la conscience de ceux qui, comme lui, vivent dans cette forêt en flammes. Il est vite rejoint par d’autres oiseaux, puis par l’ensemble des animaux, et tous finissent par s’impliquer pour tenter d’éteindre le feu.

 

Non seulement, l’histoire et les valeurs qu’elle véhicule sont très belles (elle montre aux enfants qu’il faut croire en soi et persévérer quelque soit le regard des autres, met en avant l’entraide, la solidarité, le respect des plus petits, etc.) mais elle fait aussi naturellement écho à la nécessité de changer nos habitudes, à notre échelle de citoyen, de parent, d’enfant pour tenter de préserver les ressources de notre planète et de sauver notre propre espèce.

 

Avec quelques gouttes d’eau, quelques initiatives personnelles, nous ne pourrons pas éteindre le feu. Mais les choses ne s’arrangeront pas d’elles-mêmes. En apportant tous notre goutte d’eau, en nous nous y mettant tous, alors nous contribuons non seulement à éteindre le feu, mais nous pourrions devenir un exemple, une source d’inspiration pour les autres, à l’image du petit colibri. En faisant chacun notre part, nous en tirerons la satisfaction personnelle d’avoir essayé, d’y avoir cru, de nous être battu pour y arriver, nous contribuerons à éveiller les consciences … Et en mutualisant nos efforts, alors, tout devient possible !

 

Ce livre, petit microcosme de ce qui se passe sur la planète, ne nous dit volontairement pas comment l’histoire se termine. Peut-être que le feu s’est finalement éteint, ou non. Quoi qu’il en soit, il est encore temps d’agir pour nous d’agir. Alors, essayons !

 

Ce livre existe en grand format (avec CD) ou en version poche (sans CD). C’est ce dernier que nous avons choisi : les petits formats nous permettent de pouvoir acheter plus de livres et de pouvoir les emmener facilement avec nous lorsque nous sortons ou voyageons.

Contrairement à mon enthousiasme, les enfants n’ont pas accueilli ce livre comme je l’espérais. Nous le leur avons offert il y a un an environ (Loulou avait 3 ans et Chaton 1 an et demi) et l’incendie leur a fait peur. Il faut admettre que les images de forêt qui brûle et face auxquelles les animaux fuient et restent impuissants peuvent être impressionnantes. Nous sommes très sélectifs sur les livres que nous leur présentons et évitons habituellement les scènes choquantes et, comme ils ne regardent pas la télévision, ils sont assez préservés de toute forme de violence. Mais la morale de l’histoire étant positive, j’avais pensé pouvoir le leur montrer. Il était clairement trop tôt pour eux. Après sa première lecture, Loulou a voulu refermer le livre et le laisser loin, pour mettre le feu à distance.

Dans les semaines et mois qui ont suivi, nous avons noté qu’il parlait de temps en temps de la peur du feu (pour Loulou) et de l’orage (pour Chaton). Nous ne l’avons pas pas relu pendant longtemps. Aujourd’hui, Loulou commence à y être un peu plus réceptif, mais je pense que c’est encore un peu trop tôt pour lui. Finalement, selon la sensibilité de chacun, je pense que ce livre commence à être intéressant aux alentours de 5 ans, pour des enfants qui n’ont pas peur de l’orage ni du feu (avant ce livre, c’était le cas des miens).

 

Je m’en servirai donc de support dans les années qui viennent pour ouvrir sur des discussions sur l’écologie (sujet auquel Loulou commence déjà à être sensible !) mais aussi sur la confiance en soi, la persévérance, l’entraide, etc.

 

Restons positifs ! 🙂

Céline.

 

 

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One Comment

  1. caro 20 décembre 2018 at 15 h 02 min - Répondre

    Merci pour ce partage, Céline !

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